UN MARIAGE MIRACULEUX
Lundi 30 septembre 2024
Semaine 1 : Des signes qui indiquent le
chemin
Thème général : Thèmes dans l'Evangile de Jean
Texte à méditer : Jean 2:1-12.
On peut se demander : qu'est-ce
qu'un "signe" et quelle est la
différence avec un "miracle" ? Le
terme "miracle" vient du latin miraculum, signifiant une intervention divine provoquant émerveillement.
Dans le Nouveau Testament, deux termes grecs décrivent ces actes :
- dunamis, d’où nous tirons les mots dynamite,
dynamique et dynamisme, qui désigne une démonstration de la "puissance" de Dieu
et traduit un miracle comme une manifestation de la force divine de Christ ; et
- semeion, qui signifie "signe" et reflète l'autorité de Christ dans le monde, notamment sur les
forces du mal. En effet, Christ a l’autorité d’ordonner aux démons de s’en
aller, et ils Lui obéissent.
Jean
démontre que le Christ, en accomplissant de nombreux signes et miracles,
possédait la puissance divine. Il atteste de cette vérité en affirmant que « Jésus a fait encore, en présence de ses disciples,
beaucoup d'autres miracles, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais
ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le
Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom » (Jean 20:30-31).
Il est difficile de ne pas se demander quels autres prodiges, innombrables et
merveilleux, Jean avait pu contempler sans toutefois les consigner dans son
évangile.
Pourquoi Jésus avait-Il accompli tant de miracles ?
- Jésus accomplit des miracles pour répondre à des besoins humains, incluant une dimension spirituelle de pardon et de restauration.
- Contrairement aux faux miracles aujourd’hui, Il ne les a jamais réalisés pour satisfaire la curiosité humaine ou pour son bénéfice personnel, mais toujours pour le bien des autres (E. White, Jésus-Christ, p. 101).
- Les miracles de Christ avaient également pour but de prouver la véracité de Son message divin, comme lorsqu'Il ressuscita le fils de la veuve, amenant le peuple à reconnaître que « Dieu a visité son peuple » (Lc 7:16).
- Enfin, ils étaient l'accomplissement des prophéties de l'Ancien Testament, confirmant Sa messianité - que les patriarches et les prophètes de Dieu avaient prédite à Son sujet.
Le premier miracle de Jésus
Le miracle
du changement d'eau en vin aux noces de Cana est le premier signe accompli par
Jésus (Jean 2:1-11). La mère de Jésus, voyant que le vin venait à manquer,
s'adresse ainsi à son Fils : Ils n'ont plus de vin (Jean 2:1-3). Peut-on interpréter ses paroles comme
une critique des mariés, indiquant qu'ils sont mal préparés ou qu'ils manquent
de moyens ? Bien au contraire, Marie semble être animée par un souci bienveillant, ne cherchant nullement à
critiquer, mais plutôt à trouver une solution à la situation délicate qui se
présente.
La réponse
de Jésus à sa mère peut sembler directe - "Femme, qu'y a-t-il entre toi et
moi ? Mon
heure n'est pas encore venue" (Jean 2:4) – mais cet échange
révèle cependant une dynamique subtile. Marie croit fermement que son Fils est
en mesure de résoudre le problème. Quant à Jésus, il perçoit clairement la
demande implicite de sa mère, mais il souligne que le moment de sa
manifestation publique, celui où il accomplirait pleinement sa mission divine,
n'est pas encore venu.
Dans Jean
2:5-7, on observe que Marie, malgré l’objection de Jésus, s’adresse aux
serviteurs, les incitant à faire tout ce que Jésus leur dira. Par cet acte, elle manifeste
une foi totale en son Fils, ignorant la réserve de Jésus concernant
le moment approprié. En cela, elle nous enseigne que la
foi d’un parent pieux peut parfois entraîner des bénédictions
inattendues. Ce passage nous rappelle également la
valeur du respect et de l'écoute des parents, surtout lorsqu'ils
agissent dans un esprit de foi et de bienveillance. Par ailleurs, cette scène
montre que Jésus, tout en tenant compte de son rôle divin, reste sensible aux
besoins humains et au respect des valeurs familiales.
Pourquoi Marie s'implique-t-elle alors qu'elle n'est pas directement
concernée, n'étant pas l'un des parents des jeunes mariés ? Ce souci témoigne
de la compassion de Marie et de sa sollicitude pour les autres. Elle se montre
attentive aux besoins des personnes présentes et agit pour éviter un embarras
potentiel.
Le miracle
de Cana évoque aussi une promesse importante du passé. Moïse,
chef des Israélites, avait été utilisé par
Dieu pour délivrer Israël de la main des Égyptiens par de nombreux "miracles et des prodiges" (Dt
6:22 ; 26:8). Moïse était, en quelque sorte, le "sauveur" du peuple. Dieu avait prophétisé, par
l'intermédiaire de Moïse, qu'un prophète semblable à lui viendrait, et Dieu
avait demandé à Israël de L'écouter (Dt 18:15 ; Mt 17:5 ; Ac 7:37).
Ce prophète est Jésus.
En
accomplissant Son premier miracle à Cana, Jésus
commence à se révéler comme le Libérateur promis, rappelant la délivrance
de l'Égypte. Ce parallèle est renforcé par le miracle lui-même : alors que Moïse avait transformé l'eau du Nil en sang,
un acte de jugement contre une ressource clé et une divinité pour les
Égyptiens, Jésus transforme l'eau en vin,
symbole de bénédiction et de célébration. Ce contraste entre le sang, associé
au jugement, et le vin, symbole de joie, montre que la mission de Jésus est une mission de grâce et de rédemption. Dans
les deux cas, il s'agit d'une révélation de la divinité : Moïse agit pour
que le pharaon reconnaisse Dieu, tandis que Jésus, à Cana, prouve
son caractère divin en manifestant Sa gloire dans un acte de bonté.
Jésus
ordonne aux serviteurs de remplir d’eau six jarres de pierre, destinées à la
purification rituelle juive, et transforme cette eau en vin (Jean 2:7-9). Le
fait que l'eau provienne de ces jarres rituelles revêt une signification
particulière : il établit un lien
profond entre ce miracle et les thèmes bibliques du salut et de la
purification. Par cet acte, Jean présente Jésus comme le Libérateur, Celui
qui purifie et renouvelle.
Notons que
ces jarres contenaient entre 500 et 800 litres d'eau, une quantité
considérable. Quel est le message derrière cette abondance ? Ce miracle nous
apprend que Jésus, en tant que Dieu, répond généreusement aux besoins, même lorsqu'ils sont
liés à des aspects de la vie quotidienne. Ce miracle aurait pu sembler
superflu, mais Jésus le réalise par amour, pour épargner aux jeunes mariés la
honte d'une fête incomplète. Cela révèle une facette importante de la nature
divine : le souci des détails, l'empathie et l'aide apportée pour éviter toute
situation d'embarras.
Jean 2:10 note
que le maître d'hôtel, étonné par la qualité du vin, affirme que le meilleur a
été gardé pour la fin. Ce détail souligne un principe fondamental de l'action
divine : tout ce
que Dieu fait est excellent. Par cet acte, nous sommes invités à
imiter cette excellence dans tout ce que nous entreprenons, particulièrement
dans le service à l'église. Combien de fois, en effet, avons-nous assisté à des
présentations ou des événements qui semblaient improvisés ? Dieu
nous appelle à servir avec le même soin et la même attention qu'Il met dans Ses
œuvres.
Enfin, dans
Jean 2:11-12, Jean conclut en disant que ce premier miracle manifesta la gloire
de Jésus et que, suite à cela, Ses
disciples "crurent en lui." Ce miracle ne fut pas seulement un
acte de miséricorde à l'égard des jeunes mariés ; il fut avant tout une
manifestation de la nature divine de Jésus, incitant les disciples à renforcer
leur foi en Lui.
Nous aimons
évoquer les noces de Cana, car elles nous offrent l'occasion de discuter du vin
non fermenté. Pourtant, avec le recul de deux millénaires, cet événement se
révèle aussi significatif parce qu'il présente Jésus
comme une personne profondément sociale. Il était présent à la
célébration, participant avec joie, et lorsque l'hôte se trouva dans
l'embarras, à court de vin, Jésus intervint avec bienveillance pour l'aider.
Cet épisode montre que le christianisme prend toute sa force lorsqu'il est vécu au
cœur de la vie sociale. Cet exemple, bien plus puissant qu'un simple
sermon, nous enseigne l'importance d'une foi incarnée, ancrée dans les
relations humaines.
Grâces soient rendues à Jésus pour avoir posé
ce modèle dès les débuts de Son ministère.
Heureuse semaine sous
l’aile bienveillante de l’Éternel !
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