C'EST VRAIMENT LUI LE PROPHÈTE
Mardi 08 octobre 2024
Semaine 2 : Des signes de divinité
Thème
général : Thèmes dans l'Evangile de
Jean
Texte à méditer : « Jésus leur dit : En vérité, en vérité,
je vous le dis, avant qu'Abraham fût, JE SUIS » (Jean 8:58).
Après avoir été
témoin de la multiplication des pains, la
foule conclut que Jésus est "le prophète
annoncé" (Jean 6.14-15). Les Judéens
nourrissaient l'espoir d'un messie terrestre qui les affranchirait du joug de
l'Empire romain. En période de guerre, l'une des épreuves les plus ardues
consiste à subvenir aux besoins alimentaires des troupes (du pain et de l’eau) et à prodiguer des soins aux blessés - voire à
s'occuper des défunts. Par Ses miracles, Jésus avait démontré qu'Il était en
mesure de répondre à ces deux nécessités.
En effet, dans
Actes 3.22-23 et Jean 1.19-21, l’apôtre Pierre et Jean-Baptiste font référence
à la prophétie de Moïse, qui avait annoncé "la venue d'un prophète semblable à lui." Jean-Baptiste a nié être le prophète dont parlait
Moïse. Toutefois, le commentaire biblique d’Adam Clarke souligne que les Juifs avaient
mal compris Moïse sur ce point. Cette prédiction concernait non pas un retour de
l’un des anciens grands prophètes comme
Jérémie, mais bien le Messie, Jésus-Christ.
Cette confusion montre combien les attentes du peuple étaient détournées par
leur désir d’une délivrance immédiate.
Cette
interprétation, fondée sur une compréhension erronée des Écritures, révèle une attente
messianique déviée vers un espoir politique et matériel. Jésus, dans
sa réponse rapportée dans Jean 6.25-27, rectifie cette incompréhension. Il
explique que le miracle de la multiplication des pains n’est pas simplement un
signe de bénédiction terrestre, tel que le fait d'être nourri ou libéré de
l’oppression romaine. Il invite plutôt à comprendre que ce miracle est la " marque de l'autorité " de Dieu et
souligne sa
mission véritable : offrir la vie éternelle. Ainsi, ce signe n’a pas
pour finalité de répondre aux besoins matériels des hommes, mais d’affirmer sa
nature de "Fils de l’homme" et de révéler la dimension spirituelle de
son œuvre salvatrice.
Jésus se
désignait le plus souvent comme "le Fils de l'homme" plutôt que
"le Fils de Dieu" et, les scribes et les pharisiens reconnaissaient en cela une
référence à Daniel 7:13-14. Toutefois, Christ accepta la
reconnaissance de Pierre lorsqu'il l'identifia comme "le Fils de
Dieu", ainsi que celle d'autres personnes ayant fait de même. Enfin, dans
Jean 10, Il s’identifia de manière explicite comme le Fils de Dieu.
Bien que notre texte
du jour ne couvre pas les versets suivants (Jean 6.28-40), il est recommandé de
les lire afin d’approfondir la réponse complète de Jésus, qui appelle à une foi plus élevée, orientée non
vers des bienfaits matériels mais vers la vie éternelle qu'Il procure. Le
récit de la multiplication des pains offrait l’opportunité d’illustrer que Jésus est le Pain de vie, et que Dieu Lui-même est descendu du ciel. «
Je suis le pain de vie », déclare-t-il. « Celui qui vient à moi n’aura jamais
faim » (Jn 6:35).
Il s’agit là de
la première des sept déclarations « JE SUIS » dans
l’Évangile de Jean, où le verbe « être » dans « Je suis » forme un prédicat
avec ce qui suit : « le pain de vie », Jn
6:35 ; « la lumière du monde », Jn 8:12 ; « la porte », Jn 10:7, 9 ; « le bon berger », Jn 10:11, 14 ; « la
résurrection et la vie », Jn 11:25 ; « le
chemin, la vérité et la vie », Jn 14:6 ; « le
vrai cep », Jn 15:1, 5). Chacune de ces affirmations révèle une vérité
essentielle concernant Jésus. Ces déclarations « Je suis » renvoient à Exode 3,
où Dieu se révéla à Moïse en tant que le grand JE SUIS (cf. Jn 8:58). Jésus est ce
grand JE SUIS. Cependant, le peuple n’avait pas su discerner cette réalité.
« Ces détracteurs
se questionnaient : si Jésus était capable d'accomplir des œuvres aussi
prodigieuses que celles dont ils avaient été témoins, pourquoi ne procurait-il pas au peuple
entier la santé, la force, la richesse, ainsi que la liberté politique, le
pouvoir et les honneurs ? Ils ne parvenaient pas à comprendre
pourquoi, tout en se proclamant l'Envoyé de Dieu, Il refusait de devenir le roi
d'Israël. À leurs yeux, ce refus constituait un mystère insondable. Ils en
vinrent à interpréter son attitude de manière erronée. Certains conclurent
qu'Il n'osait revendiquer ses titres parce qu'Il doutait du caractère divin de
Sa mission. Leurs cœurs, s'étant ouverts à l'incrédulité, accueillirent la
semence de malentendu semée par Satan, qui portait le fruit de la confusion et
de la défection. » E. White, Jésus-Christ, p. 375.
Ils recherchaient un avantage matériel au lieu d’une vérité qui dure
jusqu’à la vie éternelle. C’est un piège auquel nous sommes tous
potentiellement confrontés si nous ne faisons pas attention. En effet, il a
toujours été surprenant que les gens, après avoir été témoins d'un signe aussi
extraordinaire de la part de Jésus, puissent, dès le lendemain, lui demander encore
un autre miracle. Ils voulaient à nouveau être nourris !
Et pourtant,
d'une manière subtile, n’agissons-nous pas de façon similaire ? Dieu manifeste
son amour à travers une intervention exceptionnelle ou une révélation de Sa
Parole, mais aussitôt, nous nous retrouvons en quête
d’un supplément… un signe supplémentaire qui viendrait confirmer que Dieu est
bien présent et qu’Il répond à notre aspiration la plus profonde.
N'est-ce pas ce que les Israélites dans le désert recevaient quotidiennement à
travers la manne ? Chaque matin, et en double portion le vendredi, ils avaient
l’assurance que Dieu ne les avait ni oubliés, ni abandonnés dans leurs besoins.
Jésus, quant à
Lui, s’est efforcé de détourner l’attention de la nourriture matérielle et des
signes visibles, pour la diriger vers Sa propre personne, la Parole faite chair (Jean
6:24, 26-27). Nous nous nourrissons de Sa Parole, qui est notre Pain spirituel quotidien, et cherchons à discerner la manière
dont Il l’applique à nos circonstances présentes, ce qui nous soutient
véritablement. Nous poursuivons ainsi notre marche (ou notre chemin), et comme
Jésus Lui-même est "le Chemin", cela signifie que nous
demeurons en relation constante avec Lui, par la foi en Sa Parole, tout en
exprimant notre gratitude pour les signes de confirmation qu’Il nous accorde.
Jésus a adressé
une invitation semblable à la femme samaritaine, l’invitant à boire de Lui,
l’Eau vive, afin qu’elle n’ait plus jamais soif, car
elle pourrait continuellement puiser à cette source inépuisable (Jean 4:14).
Nous jouissons désormais d’une communion
intime et éternelle avec Lui (Apoc. 21:6 ; 22:17). Jésus nous assure qu’en
demeurant en Lui, en plaçant notre confiance en Lui, Il comblera notre faim et notre soif (Matt. 5:6 ; Jean 6:35). Chaque jour est ainsi
une expérience nouvelle, renouvelée par Sa présence.
Seigneur,
puissions-nous chaque jour nous nourrir de Ta Parole, ce Pain spirituel qui
fortifie nos âmes, et boire de l'Eau vive qui jaillit dans la vie éternelle.
Paisible
journée sous l’aile bienveillante de l’Éternel
!
Commentaires
Enregistrer un commentaire