LE MIRACLE DE LA PISCINE
Mercredi 02 octobre 2024
Semaine 1 : Des signes qui indiquent le
chemin
Thème
général : Thèmes dans l'Evangile de Jean
Texte à méditer :
"Jésus lui dit :
Lève-toi, prends ton lit, et marche" (Jean 5 :8 ).
Le prochain "signe indiquant le
Chemin"
relaté par Jean se déroule à la piscine de Béthesda (Jean 5:1-9). La croyance
populaire voulait qu'un ange descende pour agiter les eaux, et que le premier à
y plonger après cette agitation soit guéri de son infirmité.
Quand l'on imagine la scène décrite
dans Jean 5:1-3 à la lumière des fouilles archéologiques révélant en réalité deux
piscines et cinq portiques couverts, on pourrait être tenté de penser à un lieu
agréable et paisible, presque comme un jardin public. L'aspect physique des
piscines et des portiques pouvait sans doute être magnifique, avec ses
structures en pierre, les reflets d'eau, et une certaine architecture
gracieuse. Cependant, le contexte de la narration biblique nous dépeint un
cadre très différent.
Cet endroit, loin d'être un simple
lieu de détente, était un lieu de grande souffrance et de misère humaine. Les cinq portiques de la piscine de Béthesda
étaient en réalité des abris où se massaient de nombreux malades - des
aveugles, des boiteux, des paralysés. En l'imaginant, il est facile de penser à
un parc moderne où des sans-abri, privés de ressources, de soutien et d’espoir,
tentent de survivre dans des conditions précaires. L'ambiance était lourde,
marquée par la
douleur, la solitude et l'attente interminable d'une guérison miraculeuse. Ce
lieu de beauté architecturale devenait un endroit d'attente désespérée, où les
malades vivaient dans l'espoir ténu d'un miracle.
Il est important de noter que Jean
5:4, tel que présenté dans la version Louis Segond (LSG), ne figure pas dans
les manuscrits originaux. Ce verset semble avoir été ajouté par un copiste qui
souhaitait expliquer pourquoi tant de personnes malades étaient rassemblées en
ce lieu : ils croyaient que lorsqu'un ange venait agiter les eaux, la guérison
était possible pour le premier à y plonger. Ce détail, bien qu'apocryphe, nous
aide à comprendre l'attente et l'espérance qui habitaient ces personnes.
Jésus choisit de se rendre dans cet
endroit, qui pourrait être comparé aujourd'hui aux lieux où les personnes les
plus vulnérables de la société se rassemblent, marqués par l'abandon et la
détresse. Cette perspective révèle un aspect essentiel de son ministère : aller là où la
souffrance humaine est la plus criante, non pas pour se limiter à
l'apparence superficielle des lieux, mais pour rencontrer ceux qui sont délaissés.
Lorsque Jésus arrive sur les lieux,
il aperçoit un homme malade depuis 38 ans. Jésus s'approche de lui et lui pose
une question qui semble étonnante à première vue : « Veux-tu être guéri ? » (Jean 5:5-6). Pour un observateur, la
réponse paraît évidente : cet homme, après tant d'années d'immobilité et de
souffrance, attend sans doute une délivrance. Mais cette question de Jésus met
en lumière une dimension profonde de son approche : Jésus ne s'impose jamais. Il veut que le paralytique exprime sa volonté,
qu'il manifeste son désir de changement, car la guérison implique non seulement
un miracle physique, mais aussi une transformation intérieure, un engagement.
La réponse de l'homme est révélatrice
de son état d'esprit : « Seigneur, je
n'ai personne pour me plonger dans la piscine quand l'eau est agitée » (Jean 5:7). Jésus ne lui a pas
demandé ce qui l’empêchait d’entrer dans l’eau en premier. Cette réponse n'est pas une réponse
directe à la question de Jésus. L'homme ne dit pas explicitement qu'il veut
être guéri. Il parle des obstacles
pratiques qui l'empêchent d'atteindre la guérison. Ce témoignage met en
évidence la résignation de cet homme, qui, face à la réalité de son handicap et
à la compétition pour atteindre l'eau, semble
avoir perdu l'espoir d'une guérison par ses propres moyens.
Jésus, sans s'attarder sur la
réponse du paralytique, lui ordonne : «Lève-toi, prends ton lit et marche» (Jean 5:8-9).
Ce commandement requiert un acte de foi immédiat. L'homme ne savait pas qui
était Jésus, et ne semblait pas nourrir de foi particulière envers lui
avant cet instant - sinon il n’aurait pas parlé des problèmes pratiques. Pourtant, lorsqu'il entend ces
paroles, il obéit et fait preuve de foi en essayant de se lever. En agissant ainsi,
il répond à
l'appel de Jésus par un acte de confiance, malgré l'incertitude.
La
sélectivité de la guérison : Pourquoi un seul homme ? Jésus, en guérissant cet homme, aurait pu guérir tous
les autres malades présents autour de la piscine. Mais pourquoi n'a-t-il guéri
que cet homme en particulier ? Pour le comprendre, il faut se référer à la
prophétie d'Ésaïe 35:4-6, où il est dit que, lorsque le Messie viendra, « les
boiteux sauteront comme des cerfs ». En guérissant ce paralytique, Jésus montre
clairement qu'il accomplit au moins une prophétie messianique, qu'il est le Fils de Dieu venu sur terre.
Toutefois,
cela n'explique pas entièrement pourquoi il n'a pas guéri tous les autres. Jean
9:1-3 nous donne un aperçu important : Jésus
agit pour la gloire de Dieu, pour que les œuvres de Dieu soient
manifestées. Chaque miracle de Jésus est intentionnel, porteur d'un message
spécifique destiné à révéler son identité divine et la mission qui lui a été
confiée.
La
gloire de Dieu est-elle la seule motivation de Jésus ? La réponse réside dans l'ensemble
de son ministère. Jésus ne s'est pas
limité aux signes pour manifester sa divinité. Son premier miracle, à Cana,
où il transforme l'eau en vin, est motivé par la compassion et l'attention portée à une
situation humaine concrète. De la même manière, lorsqu'il guérit,
c'est souvent par une profonde miséricorde pour les souffrances des autres.
Il est touché par la condition humaine et cherche à alléger la douleur, à
restaurer la dignité et l'espoir.
Plus tard, Jésus
rencontra l’homme dans le temple et lui dit: « Voici, tu as été guéri; ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de
pire » (Jn 5:14). Souvent, la maladie
physique implique la violation des lois spirituelles. Notre mécanisme humain
est une création intégrée et interdépendante. Tout ce qui a un impact sur une
dimension affecte l’autre. Mais nous
devons veiller à ne pas juger ni condamner autrui en attribuant
systématiquement les souffrances physiques à la transgression délibérée des
lois divines, car tous les êtres humains ont, à un moment ou à un autre,
succombé au péché. Les maladies et les afflictions ne sont pas toujours le
résultat d'une faute personnelle ; elles font également partie de la condition
humaine partagée par tous. Il est blessant et décourageant pour ceux qui
souffrent d’entendre dire qu’ils méritent ce qui les afflige.
Qu'il
est réconfortant et édifiant de constater que Jésus n'a pas cherché à s'engager
dans une
analyse critique des origines de l'infirmité de cet homme. Après tout, celui-ci avait déjà enduré 38
longues années de souffrance due à cette condition invalidante. Pourquoi, dès
lors, alourdir encore le fardeau de sa culpabilité et de sa douleur ?
En
tant que disciples du Christ, notre priorité doit être de nous concentrer sur
la recherche de solutions aux problèmes plutôt que de nous attarder uniquement
sur ces derniers. Cet homme apparaissait comme le plus misérable et
le plus désespéré parmi ceux réunis autour de la piscine de Béthesda ; c'est
pourquoi Jésus l'avait choisi, manifestant ainsi Sa volonté d'user de Son
pouvoir divin en faveur des plus démunis et des plus vulnérables. Tout comme Jésus, notre attitude tendre et compatissante
devrait surmonter notre impulsion à tout remettre en ordre avant d’aider.
De même, nous aussi, quels que soient les défis
de nos malheurs physiques et spirituels apparemment sans espoir, nous devons nous tourner vers
Jésus et vivre. Peu
importe combien de temps nous avons cherché la réponse ailleurs, la réponse se
tient juste à côté de nous sous la forme de notre aimable Sauveur. Considérons
et prenons à cœur la réponse de Dieu à toutes sortes de maladies invalidantes :
« N’attendez pas de sentir que vous êtes guéris. Croyez à sa parole et elle
s’accomplira… Quelle que soit la mauvaise habitude, la passion maitresse qui
trop longtemps a dominé sur votre âme et sur votre corps, le Christ peut et veut vous délivrer. » E. White, Jésus-Christ, p. 185.
Le récit de
Jean 5:1-9 nous enseigne que Jésus ne guérit pas seulement pour démontrer sa puissance, mais aussi pour toucher des vies et les transformer
profondément. La question posée au paralytique, l'ordre donné de se
lever, et l'acte de foi qui en résulte montrent que la guérison offerte par
Jésus est avant tout une invitation à entrer dans une nouvelle vie,
à se lever de nos états de désespoir et à marcher dans une nouvelle lumière.
Par ce miracle, Jésus nous rappelle que la guérison véritable, qu'elle soit
physique ou spirituelle, commence par un désir sincère de changement et une
réponse confiante à son appel.
Heureuse journée sous le bienveillant
regard de l’Éternel !
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